Julien de Toulouse

personnalité politique française

Jean Julien, dit Julien de Toulouse, né le à Saint-Laurent-d'Aigouze (généralité de Montpellier, actuel département du Gard), mort le à Embrun (département des Hautes-Alpes)[1], est un homme politique de la Révolution française.

Julien de Toulouse
Illustration.
Fonctions
Député de la Haute-Garonne
–
(3 ans, 1 mois et 20 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Nom de naissance Jean Julien
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Laurent-d'Aigouze, France
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Embrun, France
Nationalité Française
Parti politique Gauche
Profession Ministre protestant
Avocat
députés de la Haute-Garonne

Entre 1792 et 1794, il est député de Haute-Garonne à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI.

Biographie

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Jean Julien est un pasteur protestant établi à Toulouse.

Mandat à la Convention

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En septembre 1792, Jean Julien, alors administrateur de Haute-Garonne, est élu député du département, le cinquième sur douze, à la Convention nationale[2].

La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[3],[4] :

S'il fût un moment depuis l'ouverture de la Convention nationale, où nous ayons dû faire taire toutes les préventions, imposer silence toutes les passions, c'est celui où nous sommes appelés à prononcer sur la vie d'un citoyen. Je ferme les yeux sur l'avenir heureux ou malheureux qui nous attend ; je ne consulte que ma conscience ; j'y puise l'arrêt pénible et douloureux que je dois porter. Je déclare donc, sur ma conscience, que Louis mérite la mort, et je vote pour cette peine

Le 18 mars 1793, Jean Julien est envoyé en mission à Orléans aux côtés de Pierre Bourbotte (député de l'Yonne) et de Pierre-Louis Prieur (député de la Marne), afin d'enquêter sur l'attentat perpétré contre Léonard Bourdon (député du Loiret). Le 4 mai, il est envoyé aux côtés de Pierre Bourbotte à Tours.

Le 13 avril 1793, il est donc absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[5]. Le 28 mai, de retour de mission, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[6].

À l'issue de la journée du 2 juin, Jean Julien et son collègue François-Louis Bourdon (député de l'Oise) dénoncent la conduite des représentants en mission Jean-Pierre Duval (député de Seine-Inférieure), Denis-Toussaint Lesage (député d'Eure-et-Loir) et Jacques Mariette (député de Seine-Inférieure) et obtiennent leur rappel à la Convention[7].

Le 17 brumaire an II (7 novembre 1793), dans le courant de la déchristianisation, Jean Julien abdique ses fonctions de pasteur[8].

L'affaire de la Compagnie des Indes

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Le 24 août 1793, après le rapport de Pierre-Joseph Cambon (député de l'Hérault), membre du Comité des finances, la Compagnie des Indes est liquidée[9].

Le 28 brumaire (18 novembre), sur motion de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), il est décrété d'arrestation aux côtés de ses collègues Claude Basire (député de la Côte-d'Or), de François Chabot (député du Loir-et-Cher) et de Joseph Delaunay (député de Maine-et-Loire) dans le cadre de l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes. Il se soustrait au décret et est condamné à mort par contumace par le tribunal révolutionnaire[9].

Le 25 ventôse an II (le 15 mars 1794), il est initialement remplacé par Blaise Dariot[10]. Le 16 thermidor (le 3 août), Dariot ayant été reconnu coupable de fédéralisme, il est finalement remplacé par Pierre Alard[11].

Le 20 germinal an III (le 9 avril 1795), après le rapport de Pierre Marec (député du Finistère), membre du Comité de Salut public, le décret d'accusation contre lui est rapporté mais il n'est pas autorisé à rentrer à la Convention[12].

Du Directoire à l'exil

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Pendant le Directoire, il fréquenta les Théophilanthropes avant de s'expatrier pour Turin, dont il revint en 1814 pour reprendre sa profession d'avocat à Embrun.

Compris aussi dans la proscription du 18 brumaire, il fut momentanément arrêté et condamné même à la déportation, mais cette mesure ne fut pas exécutée, et Julien de Toulouse rentra dans une obscurité dont il ne devait plus sortir.

Obligé de quitter la France en 1816, il se réfugia à Turin, n’ayant pu rester en Suisse.

Notes et références

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  1. ↑ Archives départementales des Hautes-Alpes, « État civil d'Embrun, naissances mariages et décès de 1828, vue 93 / 121, 2 E 50/15/3 » Accès libre, sur https://archives.hautes-alpes.fr (consulté le )
  2. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  3. ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux . Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  4. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 2 juin 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. ↑ Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 78, séance du 17 brumaire an II (7 novembre 1793) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  9. 1 2 Michel Eude, « Une interprétation « non-mathiézienne » de l’affaire de la Compagnie des Indes », Annales historiques de la Révolution française, vol. 244, no 1,‎ , p. 239–261 (DOI 10.3406/ahrf.1981.4244, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ Bouloiseau, Marc (1907-1999), Lefebvre, Georges (1874-1959) et Reinhard, Marcel (1899-1973), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 86, séance du 25 ventôse an II (15 mars 1794 » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  11. ↑ Alquier, Aline et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 94, séance du 16 thermidor an II (3 août 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  12. ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°203, « Convention nationale, séance du 20 germinal (9 avril) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 23 germinal an 3 (12 avril) (consulté le )

Liens externes

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